La cybersécurité sait depuis longtemps détecter la compromission technique. Elle apprend aujourd'hui à détecter la compromission humaine. Là où MITRE ATT&CK décrit les actions techniques contre les systèmes, HACT décrit les manœuvres cognitives contre les décisions humaines : ingénierie sociale, renseignement humain (HUMINT), manipulation.
Quatre apports propres
Les 13 tactiques HACT
HACT organise le mode opératoire de l'adversaire en treize tactiques (TA-H001 à TA-H013), chacune reliée à son équivalent MITRE ATT&CK®. Ensemble, elles décrivent le déroulé complet d'une opération d'ingénierie sociale, de la reconnaissance à l'impact.
Construire une image complète de la cible et de ses vulnérabilités exploitables, avant tout contact.
Créer les conditions de l'opération : identités de couverture, prétextes, infrastructure. La phase la moins détectable, entièrement à distance.
Établir le premier vecteur de contact ; comme en cyber, la plupart des opérations se jouent à cette étape.
Maintenir la crédibilité de la couverture et neutraliser les tentatives de vérification de la cible.
Ancrer une relation de confiance durable — préserver l'influence ou la proximité avec la cible dans le temps.
Activer les vulnérabilités humaines identifiées lors de la reconnaissance. Le cœur de l'attaque.
Franchir un seuil psychologique qui ouvre l'accès à des informations plus sensibles.
Cartographier l'environnement informationnel de la cible : liens humains, outils et habitudes.
Se déplacer dans le réseau humain en exploitant les connexions ; un point d'entrée peut compromettre tout un réseau.
Extraire les informations recherchées — personnelles, professionnelles, émotionnelles ou financières.
Maintenir le lien psychologique et la domination relationnelle sur la cible.
Transférer le renseignement collecté — information verbale, émotionnelle ou comportementale.
Produire un effet opérationnel réel et mesurable sur la cible — l'aboutissement stratégique de l'opération.